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Les animaux peuvent-ils apprendre une langue ? | Glossart Languages
Les animaux comprennent-ils nos mots ? Découvrez ce que les études sur les chiens et les boutons sonores révèlent sur le langage et la communication animale.
Evangelia Perifanou
11/4/20265 min temps de lecture


Les animaux peuvent-ils apprendre certains aspects du langage humain ?
Ce que la recherche sur la communication animale peut et ne peut pas nous apprendre.
Un chien rapporte le bon jouet lorsque vous prononcez son nom. Un autre appuie sur un bouton « dehors » et attend près de la porte. Ces moments nous amènent à nous demander : quelle part de notre langage les animaux peuvent-ils comprendre ?
Les recherches suggèrent que certains animaux peuvent apprendre des éléments du langage humain. Ils peuvent associer des mots prononcés à des objets ou à des activités, et certains apprennent à utiliser des symboles conçus par des humains. Mais reconnaître des mots, utiliser des symboles et comprendre la grammaire sont des capacités différentes. Les preuves de l’une ne démontrent pas automatiquement les autres.
Explorer ces différences nous offre un regard fascinant sur la manière dont le sens s’acquiert et sur ce que signifie connaître une langue.
Quand un son devient un nom
Chaser, une chienne border collie, en est un exemple extraordinaire : elle a appris les noms de 1 022 objets au cours de trois années d’entraînement intensif.
Les chercheurs ont également évalué sa capacité à distinguer les noms des objets des consignes. Ses résultats suggéraient qu’elle pouvait apprendre le nom d’un objet indépendamment de l’action qu’on lui demandait d’effectuer avec celui-ci. Cela allait au-delà de la mémorisation d’une seule routine pour chaque jouet. Toutefois, ses performances ne signifient pas que tous les chiens peuvent acquérir un vocabulaire aussi étendu.
Le cas de Chaser illustre une distinction importante : réagir à un son familier ne revient pas nécessairement à reconnaître ce son comme le nom de quelque chose. Les expériences qui dissocient les noms des actions permettent d’étudier cette différence.
Pour les personnes qui apprennent une langue, ce lien est familier. Apprendre un mot implique davantage que mémoriser sa sonorité. Il faut aussi l’associer à un sens et reconnaître les situations dans lesquelles il s’utilise.
Et les boutons pour « parler » ?
Les tableaux de communication permettent aux animaux d’appuyer sur des boutons qui diffusent des mots enregistrés. Un chien peut appuyer sur « jouer », « dehors » ou sur plusieurs boutons successivement. Ces échanges peuvent ressembler à de véritables conversations, mais que montrent les données ?
Une étude expérimentale de 2024 a cherché à déterminer si des chiens entraînés réagissaient de manière appropriée à des mots diffusés par des boutons ou prononcés par une personne. Les résultats étayaient l’existence d’associations apprises entre certains mots et des activités, comme jouer ou sortir. Les réactions ne dépendaient pas entièrement du langage corporel du propriétaire ni du fait que ce soit lui qui présente le mot.
Une autre étude a examiné l’utilisation de ces tableaux par 152 chiens. Certaines combinaisons de deux boutons apparaissaient plus fréquemment que ne le laisserait prévoir le hasard, et les tendances observées ne s’expliquaient pas entièrement par l’imitation des propriétaires. Ces résultats suggèrent une utilisation délibérée, tout en laissant ouvertes des questions sur ce que ces combinaisons signifient précisément pour les animaux.
Ces découvertes sont intéressantes. Cependant, une combinaison porteuse de sens ne constitue pas automatiquement une phrase grammaticale. Pour établir qu’un animal comprend les relations entre les mots, des preuves supplémentaires sont nécessaires.
Pourquoi une vidéo convaincante ne suffit pas
Imaginez qu’un chien appuie sur « nourriture », puis reçoive son repas. Plusieurs explications restent possibles. Il pourrait demander à manger, suivre une routine familière ou répéter une action qui lui a déjà valu une récompense.
Une courte vidéo fournit rarement suffisamment d’informations pour départager ces possibilités.
Les chercheurs posent donc des questions auxquelles l’observation quotidienne ne permet pas de répondre facilement. L’animal réagit-il correctement en l’absence de gestes ? Reconnaît-il le mot lorsqu’une personne inconnue le prononce ? Peut-il appliquer ce qu’il a appris dans une situation différente ?
Ces comparaisons permettent de distinguer les capacités démontrées par l’animal de l’interprétation de l’observateur humain. Elles rendent aussi les résultats plus intéressants : lorsque les indices habituels sont supprimés et que l’animal réussit encore, les chercheurs disposent de preuves plus solides de ce qu’il a appris.
La prudence scientifique ne diminue pas l’émerveillement. Elle lui donne des fondements plus solides.
Apprendre des mots fait partie de l’apprentissage d’une langue
Les études présentées apportent des preuves que certains animaux peuvent apprendre des noms d’objets, associer des sons à des activités et produire des combinaisons de boutons suivant certaines régularités. Elles ne démontrent pas toute la souplesse du langage humain.
Cette distinction compte. Connaître un mot est différent de comprendre une nouvelle phrase. Utiliser un symbole pour obtenir quelque chose est différent d’expliquer pourquoi on le souhaite, de raconter une expérience vécue hier ou d’imaginer les possibilités de demain.
C’est pourquoi la question « Les animaux peuvent-ils apprendre une langue ? » est souvent trop large. Une question plus féconde serait : quelles capacités liées au langage les animaux peuvent-ils acquérir, et dans quelles conditions ?
Cette approche permet d’étudier des capacités précises sans attendre de la communication animale qu’elle soit le reflet de la nôtre.
Ce que les personnes qui apprennent une langue peuvent en retenir
Les études sur la communication animale ne constituent pas des méthodes d’enseignement pour les humains. Elles nous invitent néanmoins à réfléchir à ce que nous entendons par « apprendre une langue ».
Reconnaître du vocabulaire est une réussite. Comprendre son sens dans différents contextes en est une autre. Exprimer une intention, interpréter le message d’une autre personne et combiner les mots avec souplesse ajoutent d’autres dimensions.
Pour les apprenants, les progrès peuvent donc prendre de nombreuses formes : reconnaître une expression familière, la comprendre lorsqu’une autre personne l’utilise, l’employer dans une nouvelle situation ou l’adapter pour exprimer une idée personnelle.
Ces moments nous rappellent tout ce qui se joue entre entendre un son et se l’approprier.
Là où la science rencontre l’émerveillement du langage
Entre un mot prononcé et la réaction attentive d’un chien se trouve une question scientifique : qu’a-t-il compris ? La recherche nous rapproche d’une réponse, une expérience après l’autre. Chaque découverte révèle quelque chose sur la manière dont le sens s’acquiert et sur tout ce qu’il nous reste à découvrir.
Le langage humain nous permet de donner forme aux souvenirs, de partager des connaissances et d’imaginer des mondes que nous n’avons jamais vus. Étudier la façon dont les autres animaux réagissent à nos mots nous invite à explorer les fondements de cette capacité : les liens entre les sons, la mémoire, l’expérience et le sens.
Chez Glossart Languages, nous faisons entrer cette curiosité dans l’apprentissage. Les découvertes scientifiques deviennent des points de départ pour échanger et aident nos élèves à explorer des idées, à enrichir leur vocabulaire et à exprimer leur propre point de vue.
Chaque nouvelle langue offre une autre manière d’observer, de questionner et de décrire le monde. À mesure que des sons inconnus prennent sens, nos possibilités de nous comprendre s’élargissent.
Parce qu’apprendre une langue commence par des mots et s’ouvre sur la découverte.
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